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novembre 2018

Portrait d’une boursière de la Reine Elizabeth : Zohra Lakhani

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Zohra Lakhani terminait sa première année de maîtrise en enseignement à l’Ontario Institute for Studies in Education (OISE) de l’University of Toronto lorsqu’elle a entendu parler par un gestionnaire de liste de diffusion du programme de Bourses de la Reine Elizabeth (BRE).

« C’est exactement ce que je cherchais », a-t-elle confié.

Mme Lakhani avait choisi de faire une première année de formation intensive pour avoir le temps durant sa seconde année de faire un stage à l’étranger, même si elle ne savait pas alors comment elle s’y prendrait. Elle voulait voyager dans le cadre de ses études, mais elle n’avait pas les ressources pour financer seule ce séjour. Le programme BRE répondait donc parfaitement à ses aspirations.

Le programme de Bourses canadiennes du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II, ou programme BRE, vise à mobiliser un réseau mondial dynamique de jeunes leaders. L’objectif : favoriser des retombées durables, au Canada et à l’étranger, grâce à des échanges interculturels axés sur la formation, la recherche et l’expérience professionnelle à l’échelle internationale.

Les boursiers sont sélectionnés par leur université d’attache pour participer à des programmes existants dispensés par des universités partenaires à l’étranger. Ces programmes s’inscrivent dans d’importants enjeux locaux, nationaux et mondiaux.

Mme Lakhani avait déjà travaillé au Kenya. Elle espérait y faire un stage afin de poursuivre ses recherches sur les récentes réformes des programmes d’enseignement kényans. Bien que le programme BRE lui ait permis de réaliser cet objectif, son stage avec une professeure à l’université de Nairobi a, contre toute attente, changé l’orientation de ses travaux et ses objectifs de carrière.

Le Kenya abrite deux des plus importants camps de réfugiés au monde : Dadaab dans l’est et celui de Kakuma au nord-ouest. Ces deux camps accueillent des réfugiés depuis plus de 20 ans. Certains d’entre eux, arrivés dès le début dans les années 1990, y élèvent maintenant leurs enfants et leurs petits-enfants. L’éducation y est un enjeu permanent.

« Il faut investir davantage dans l’éducation des réfugiés, a expliqué Mme Lakhani. Leur situation n’est pas temporaire. Nous ne pouvons laisser ainsi des gens en plan. »

Son stage lui a offert la possibilité d’effectuer des recherches dans le domaine de l’éducation des réfugiés et lui a permis de constater l’impact d’un tel enjeu sur un pays qui accueille des centaines de milliers de réfugiés.

« Je veux maintenant poursuivre ma carrière dans l’éducation en contexte d’urgence et en enseignement aux réfugiés. »

Les crises migratoires trouvent souvent leur origine dans les bouleversements politiques et économiques. Lorsque des citoyens de ces pays doivent fuir pour assurer leur sécurité, les possibilités d’éducation deviennent quasi nulles.

« Comment reconstruire un pays et former des chefs de file si seulement un pour cent des réfugiés dans le monde ont accès à un enseignement postsecondaire ?, demande Mme Lakhani. L’éducation donne aux réfugiés les moyens de retourner chez eux et de rebâtir leur pays. »

En plus de mener des recherches, Mme Lakhani a pu présenter ses travaux antérieurs sur les réformes des programmes d’enseignement du Kenya dans le cadre de deux congrès universitaires, dont l’un à Embu, une région plus rurale. C’était la première fois qu’elle présentait ses recherches.

« La bourse du programme BRE m’a permis d’être là au bon moment pour présenter mes travaux à ceux et celles que le sujet intéressait le plus. »

« Nous avons besoin d’expériences de ce genre, pour comprendre, apprendre et nous engager, a-t-elle affirmé au sujet du programme BRE. Ce sont des séjours inoubliables et extrêmement bénéfiques, surtout pour les jeunes Canadiens. »

Depuis son retour d’un stage de trois mois en juillet, Mme Lakhani n’a de cesse d’encourager ses collègues de l’OISE à vivre des expériences similaires.

« Mon objectif est de parler du programme BRE et d’inciter mes collègues à explorer les occasions de stage ou d’études à l’étranger. Les Canadiens ont cette chance extraordinaire de pouvoir séjourner à l’étranger. »

Lorsqu’interrogée sur ses plans d’avenir, elle répond qu’elle terminera sa maîtrise en enseignement, puis évaluera les possibilités de carrière dans le domaine.

« Je n’ai pas un seul plan bien défini, dit-elle. Mes perspectives de carrière vont plutôt en s’élargissant. »

À la suite de ses recherches, elle aimerait travailler auprès d’organismes d’éducation en situation d’urgence. Elle entend surtout accroître ses compétences en éducation des réfugiés et jouer un rôle positif dans le monde.

« Je continue d’explorer. Je continue d’apprendre. »

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Le monde évolue. Pour avancer, les jeunes et futurs leaders canadiens doivent être au fait de ce qui se passe ailleurs. Or, seulement 3,1 pour cent des étudiants canadiens participent annuellement à des programmes d’études ou d’échanges internationaux. Il s’agit de l’un des taux les plus faibles des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

La Fondation Rideau Hall est fière de collaborer avec Universités Canada et les Fondations communautaires du Canada au programme BRE. Ensemble, nous contribuons à faire des jeunes Canadiens des citoyens du monde et à attirer au Canada les jeunes les plus compétents et les chefs de file mondiaux dans le domaine de la recherche.